Le Huangdi Nei Jing (黄帝内经) ou Classique interne de l’empereur Jaune est le plus ancien ouvrage de médecine chinoise traditionnelle. Il se divise en deux parties : le Su Wen et le Ling Shu. Tous les aspects de la médecine y sont abordés, avec leur traitement, et plus particulièrement le traitement par acupuncture. Il y est fait allusion à l’usage de poinçons de pierre qui auraient pu être utilisés avant l’apparition des aiguilles en métal

Sous les Tang, le Médecin impérial Ts’in Ming Ho 秦鳴鶴 (Qin Minghe) guérit l’Empereur Kao tsong 唐高宗 (Tang Gaozong 628-683) au risque de perdre sa propre vie. L’Empereur Kao Tsong, lamentable empereur, connais­sait l’innocence des victimes qui allaient être exécutées, mais n’osait réagir. Seulement le remords rongeait sa santé. Il fut bientôt affligé de vertiges et de céphalées; sa vue devint tellement affectée que les affaires de la Cour commencèrent à en souffrir. Après avoir diagnostiqué le cas,

Ts’in Ming Ho suggéra que quelques gouttes de sang soient prélevées d’un point d’acupuncture de la tête.

Lorsque l’Impératrice Wou Tsö t’ien 武則天 (Wu Zetian) entendit cela, elle fut épouvantée et exigea que l’on décapite le médecin. La tête de l’Empereur n’étant pas un endroit convenable pour y retirer du sang. Mais l’Empereur souffrait tellement qu’il décida de laisser faire le médecin, et dès que Tsin Ming Ho eut traité le Paé Roé 白會 (Bai Hui 20TM), la vision de l’Empereur fut rétablie et il retrouva la santé.

Au cours des dynasties Sui (581-617) et Tang (618-907) se déroule une longue période de prospérité pour la Chine où l’acupuncture se développe pleinement. Souen Sseumiao 孙思邈 (Sun Simiao 581 – 682) est l’auteur d’une grande collection médicale contenant une bonne étude de la lèpre, des ulcérations génitales et leur traitement. Cet auteur a écrit le plus ancien traité chinois d’ophtalmologie, le yin hai jing wei, connaissance exhaustive de la mer d’argent, et y exposait les contre-indications en acupuncture. Il développa la règle de conduite de l’énergie sans utiliser les règles de tonification et de dispersion. Wang Ping 王冰 (Wang Bing ) grand érudit et premier médecin de la cour en 762, décida de vérifier l’authenticité des King (Livres fondamentaux) en circulation. Il rédigea et commenta l’édition du Sou Wen généralement utilisée actuellement.

L’Empereur Sin Chi-hoang Ti (Qin shi huangdi 259 – 210 av. J.-C.) voulut que l’histoire de la Chine commence avec son règne. Pour cela, il lui fallait détruire toute trace du passé. Afin d’être sûr du résultat, il fit changer l’écriture; ainsi, les intellectuels ne pouvaient plus comprendre les anciens enseignements contenus dans le dessin lui-même des idéogrammes; il subit l’influence et la pression de la caste des Légistes et emprisonna les lettrés (Taoïstes, Confucianistes), fit brûler tous les Livres Classiques et interdit sous peine de mort toute référence à la Tradition et à l’Antiquité. Il est étonnant de voir que le Président Mao fit exactement la même chose presque 2000 ans après, pour mettre en place la Révolution Culturelle.

Heureusement, après la disparition de cet Empereur, des Chinois réussirent à reconstituer de mémoire les textes dont ils pouvaient se souvenir et un Chou King 書經 (Shujing) ancien (cet ouvrage est un des plus vénérés des ouvrages philosophiques anciens) fut, paraît-il, retrouvé caché dans un mur de la maison de Confucius.

Cependant, la plupart des ouvrages ainsi reconstitués contenaient de nombreuses erreurs, voire n’étaient pas des livres de l’antiquité mais seulement des écrits tardifs.

Wang Ping 王冰 (Wang Bing) vérifia, corrigea et authentifia les ouvrages de référence. Il s’illustra d’abord par ses commentaires critiques du Sou Wen en une étude sur son authenticité, son origine, son fond et sa forme. Il a laissé aussi une édition commentée du Neï King. L’ouvrage, perdu à l’époque Tang, fut recomposé sous les Song et les Ming, édité une première fois en 1931 puis réédité en 1955 à Shanghai (cet ouvrage aurait, principalement,

Le Ta Tchreng 針灸大成 (Zhen Jiu Da Cheng – Compendium de l’acupuncture et de la moxibustion) publié en 1601 par Yang Ji zhou (1522-1620; dyn. 明 Ming), importante source des travaux de Georges soulié de Morant, est un recueil dans lequel sont consignées la plupart des méthodes utilisées jusque là.

Signalons aussi que, d’après le Professeur Leung Kok Yuen, certaines méthodes utilisées auraient pris naissance à partir de mauvaises interprétations du Neï King.

Elles ont été commentées (en 225 A.V. J-C) dans un ouvrage célèbre, le Nan King 難經 (Nanjing – le Classique des Difficultés). Ce traité en 2 volumes, est attribué à Pien Tsio 扁鵲 (Bian Que), personnage semi-mythique de l’époque des Royaumes Combattants (- 225). Son nom devint celui de tous les médecins célèbres. Il était capable de voir les organes internes à travers la peau et prétendait ne devoir faire l’examen du malade que par l’examen du pouls. On lui attribue des greffes d’organes sous anesthésie par des vins narcotiques.